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Les Rouges Terres

Nous avons donc habité à Rouges-Terres, en Normandie, dépendant de Cherbourg, pour la période datant d'avril 49 et qui a duré jusqu'au 1er juin 52 ; les affectations de Papa étant d'environ trois ans. Toujours trois ans, c'est la règle dans la marine – je suppose. Papa, qui avait été nommé chef de station de la radio à Rouges-Terres, station  marine. Il venait de passer premier maître, ce qui lui avait valu cet avancement.
Est nommé 1° Maitre le 1 Juillet 1949
1° Maitre fait partie des officiers mariniers supérieurs supérieurs en fait ce ne sont pas des officier au sens armée de terre mais des sous-officiers, 1° maitre doit correspondre à Adjudant, ceux sont des techniciens dans leur branche
La solde annuelle était de l'ordre de 19 000 Euro 2018 par an
(Au retour de Tunisie, j’ai passé deux concours celui de l’école Laïque : « Livet » et celui des Jésuites : « La Joliverie » j’ai été reçu à la « Joliverie »pas à « Livet » Maman tu m’as plus tard, dit que je l’avais fait volontairement (Ce n'était pas le même tarif,pour la scolarité ,et je vous remercie de l'effort financier que vous avez fait.)
A titre indicatif le salaire brut d'un 1er Maitre en 2019 entre 22 et 33 ans de carrière echelon 9 "2357 euros"
 Pour mes « études », c’est Papa et toi  qui avez décidé. Françoise avait 7 ans et Mariannick 2 ans, Françoise était tout au plus en CEI et moi je rentrais au Collège à la Jol.
.D ‘Octobre 1949 jusqu’en Juin 1953 j’y ai été  pensionnaire,puis  j’ai rejoint à ce moment-là Médiouna au Maroc ou la famille vivait depuis 1 an.
J’ai effectué les allés et retours, entre Cherbourg et Nantes, de la rentrée 1949 au départ de la famille des Rouges terres en 1952, à chaque vacances importantes, en train, de 13 à 15 ans.
Parce que Robert, lui, a eu tout de même cette chance – il faut le dire, au point de vue études je parle –, il était pensionnaire, interne donc à la Joliverie à Saint-Sébastien-Sur-Loire, donc ses études n'ont pas dû en pâtir – pour autant qu'il se soit donné le courage de les faire.
Contrairement à ce que tu semble dire, si je n’ai pas continué à la Joliverie c’est que vous l’aviez décidé, les Jésuites voulaient bien me garder, mais pas dans la branche que souhaitait « Papa » je crois. Je suis sorti avec 12, 40 de moyenne, 30 iém sur 114 élèves : admis en 3° année normale.
Il y a eu aussi à La Glacerie, un jour est venu que nous avons acheté un vélomoteur. Je ne saurais plus vous dire si c'était un solex ou quoi. Mais enfin, en tout cas, grâce à ce vélomoteur, Mariannick dans un panier sur mon porte-bagage, Françoise sur le vélo de son père, nous avons fait, tout à fait au début des côtes normandes, nous avons fait les plages. Nous avons visité les plages du débarquement. On a pu tout de même se déplacer un peu. Mais enfin, nous vivions vraiment... c'était le village, la vie du village.
Vous aviez deux vélomoteurs de marque  Thomann   ils nous ont suivi à Médiouna ainsi que le vélo que vous m’aviez acheté, je m’en suis servi pour me rendre à l’école industrielle de Casablanca pour suivre ma scolarité de la seconde à la terminale
Papa en attendant sa nouvelle affectation était rattaché au dépot de Brest du 1 Juin 1952 au 25 Juillet 1952. en disponibilité à Saint Quay Portrieux,avant son affectation au Rouges Terres prés de Casablanca au Maroc le 25 Juillet 
Maman à déménagé vraisemblablement le 22 Décembre de la même année avec Françoise et Mariannick moi je sui resté à la joliverie jusqu'a la fin de l'année scolaire 1953 .
Comme je l’ai expliqué plus haut toi et Papa vous avez décidé de me faire venir, car contrairement à ce que proposaient les Jésuites Papa et toi ne voulaient pas que je poursuive dans la voie proposée. A la Joliverie on ne passait pas le bac c’était une école professionnelle qui menait vers des formations CAP Bac Pro etc. et c’est toujours le cas. Pour passer en filière générale Bac technique il fallait quitter l’établissement.Donc j'ai rejoins Casablanca pour rentrer en seconde à l'école industrielle .J'y suis resté jusqu'au deces de Papa et y ai passé ma première partie de Bac ainsi que l'écrit de la deuxième.
Maman est allé au décés de Grand mère le 25 Octobre 1955 .
Et puis donc, je suis revenue à Casablanca, c'était donc fin 55. Je m'arrête là parce que je me demande tout à coup si je ne me suis pas trompée. Si, ça je suis sûre des dates mais je ne sais plus trop situer... parce qu’entre-temps, évidemment les choses se sont déroulées... Je ne sais plus quand, parce que quand Papa... La date fatidique est arrivée, mais cela devait être avant. Oui, cela devait être avant.
La date fatidique est arrivée où on l'a mis en demeure de quitter la marine à ses vingt-cinq ans ou de partir en Indochine. Il fallait qu'il choisisse. 
Papa a été contraint de prendre sa retraite et ce à partir du 1 Mars 1955 :
Motif : Admis à la retraite d'office pour ancienneté de service et inaptitude physique
S'est retiré 303 boulevard Emile Zola à Casablanca .
Mais avant il avait été mis au arrèt de rigueur et ça c'est une autre histoire relaté dans les mémoire de maman .
Et puis donc j'ai travaillé. J'ai travaillé à un moment chez Renault, j'ai fait un stage chez Renault –  je vous dis, on trouvait du travail – mais enfin moi je voulais revenir, comme j'avais commencé la mécanographie, j'avais cela en tête. Et j'ai demandé à nouveau, à re-rentrer à la Banque Populaire – ce que j'ai fait d'ailleurs – où je suis restée jusqu'à la mort de Papa, pas très longtemps. Papa, dans cet intervalle d'une année, à peu près, ou dix-huit mois, deux ans, Papa est rentré – il fallait qu'il travaille dans le privé –, alors il est rentré à Bronzavia, cela s'appelait. Bronzavia, c'était une société où était embauché, d'ailleurs, beaucoup de personnel de l'armée de terre comme de l'armée de mer qui prenait leur retraite, dans la partie radio – je ne sais pas, il surveillait ou contrôlait les pièces, etc. Il s'y est plu, mais enfin modérément. Et là où nous habitions, donc boulevard Émile Zola, c'était chez des juifs. Ils étaient très gentils d'ailleurs. Et le fils travaillait chez Philips. Et c'est lui qui faisait que me tanner :
– Pourquoi votre mari ne vient-il pas travailler chez Philips ? Il serait bien mieux. Pourquoi ?
Et puis Bronzavia aussi a liquidé, d'ailleurs cela a fini comme ça. Bronzavia aussi a radié le personnel et puis en fin de compte Papa a quitté, il est allé chez Philips. Il est entré, malheureusement, un ou deux mois avant sa mort – chose que je ne savais pas.


Papa est décédé le 5 Mai 1956 .J'ai eu droit au ratrapage mais une fois rentré en France à Paris .Petite anectote le jour du ratrapage ne connaissant pas du tout la région parisienne je suis arrivé aprés la fermeture des portes il a fallu que j'explique ma situation : on m'a laissé entrer ...mais j'ai échoué.
Cette mort subite a profondémént marqué la famille et pour moi jusqu'a un âge avancé j'ai toujours cru que j'allais mourir jeune ,j'ai bientot 83 ans et je suis toujours là .(13 Janvier 2020)

 



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